A la veille de jouer le Japon en match d’ouverture, François Masquelier a bien voulu se confier à notre Magazine. Interview vérité du premier coach étranger d’une sélection nationale.
François Masquelier, racontez-nous comment vous vous êtes retrouvés à la tête de la sélection belge depuis quelques semaines ?
Cela s’est réglé rapidement ! Quand Marianne ANSKENS, l’entraineur belge, a appris, à la suite du stage arbitres de Paris en Avril, que je n’étais pas sélectionné pour arbitrer en Coupe du Monde, elle m’a proposé de prendre en charge la Belgique puisqu’elle-même devait arbitrer. J’ai évidemment accepté et démarré par un stage de trois jours à Charleroi. Et même si aujourd’hui elle n’arbitre plus et a donc repris son poste, j’ai assuré toute la partie sportive de la préparation. On a décidé d’emmener uniquement des joueurs de Charleroi, c’est vrai. Nous n’avons que trois équipes en Belgique, dont une qui démarre juste et une autre en Nationale, Liège, qui a deux joueurs intéressants mais pas assez armés pour ce niveau. Et puis franchement, nous n’avons pas eu d’aide de la part de la fédération belge pour venir ici. Charleroi s’est débrouillé tout seul avec Marianne qui s’est occupée de l’organisation du voyage, donc c’est une récompense pour nous !
Comment gérez-vous le fait d’être un français, un des piliers du développement du Foot-Fauteuil en France, à la tête de la Belgique ?
Je suis très fier d’être entraîneur ici au Japon, même si c’est avec la Belgique. Je préfère ce poste à celui de tierce personne avec la France. Quand tu as gouté un jour à la compétition, tu es content de la retrouver et je remercie Marianne de m’avoir offert cette opportunité. Je suis français certes, mais en ce moment je me sens un peu plus belge ! Je ne regrette pas de ne pas être aujourd’hui avec la France, l’essentiel est de vivre l’aventure. Je suis le premier entraîneur de Foot-Fauteuil à vivre cette situation, mais c’est courant dans le milieu valide : un entraineur belge entraîne bien Marseille en ce moment non ? Marianne ne m’a pas choisi pour ma personne mais pour mes qualités techniques et tactiques. Après la Coupe du Monde, je repartirai vers Rouen, ma mission s’arrêtera là.
Avec quelles ambitions abordez-vous cette Coupe du Monde ?
Et bien, on vient pour la gagner comme presque toutes les nations c’est évident ! Mais on n’est ni fiers ni distants comme j’ai pu le lire, l’ambiance est très conviviale ici ! L’avantage de mon équipe, c’est qu’elle se connaît par cœur, c’est un gros point fort. Je suis bien conscient des qualités individuelles et collectives de la France, ce sera dur mais on va prendre match par match. L’objectif, c’est les demis ! Et si on pouvait éviter la quatrième place qui nous offrirait la France... Le Portugal et le Danemark ont l’aie en dessous sur le plan handicaps et fauteuils c’est certain. Il faudra au moins gagner deux matchs sur quatre pour passer, on a pas de pression, on veut juste montrer que la Belgique sait jouer. On a des joueurs qui ont de grosses qualités individuelles en maniement de ballon, cela m’a permis à mon arrivée de travailler directement l’aspect tactique.
Ce Mardi vous affrontez le Japon en ouverture de la Coupe du Monde pour un match déjà décisif...
Le Japon, ce n’est qu’un match, on n’a pas de pression. Ils l’auront de toute façon plus que nous car ils sont chez eux. Je ne sais pas comment ils sont, je ne les ai jamais vu ! Le facteur stress jouera forcément d’un coté ou de l’autre. Nous on a quatre gros matchs d’entrée, dont la France et le Japon, les deux gros, on n’a rien à perdre. Maintenant, si on les perd, on verra, on aura plus le choix ! Et si on gagne demain, on va un peu inquiéter les autres. On va prendre la France au sérieux et ne pas se prendre la tête. Je serai heureux de ramener un nul, ce sera déjà un gros résultat ! Mais si on veut être champion, il faudra forcément les battre !
Vous vous imaginez Champions du Monde Samedi ?
Non ! On est tous contents d’être là, c’est une grande porte qui s’ouvre et on est tous heureux de participer avant tout. Mais on va se donner à fond et profiter un maximum !
Nicolas DUBES