L’Americas Champions Cup s’est achevée Dimanche dernier à Atlanta sur la victoire historique de l’équipe locale qui remporte son premier titre, en faisant l’apologie du jeu collectif.
La PowerChampion’s League n’est plus toute seule. Elle a été rejoint dans le concert international par sa cousine des Amériques, l’Americas Champions Cup, qui s’impose déjà comme une compétition incontournable. Les clubs américains et canadiens sont unanimes, et plus encore les canadiens d’ailleurs, ils ont besoin les uns des autres pour avancer. Les questions logiques fusent déjà sur l’avenir immédiat de l’évènement qui, compte tenu des distances énormes qui séparent les deux pays principaux de la zone, semble bien difficile et raisonnable à organiser annuellement. Peu importe pour le moment, l’ACC est là et ne boudons pas notre plaisir.
Finalement, les parallèles avec notre Ligue des Champions européenne et l’ACC sont nombreux. Le format de la compétition est le même, la disparité de niveaux entre les équipes est semblable, les formations américaines globalement supérieures, comme les français en Europe, et surtout au final c’est un français qui gagne. Le raccourci est un peu facile, certes, mais il est réel. Car comment ne pas attribuer, en analysant à froid la partition proposée, une grande part de responsabilité à ce succès à Jérôme Durand, notre Frenchie chez l’Oncle Sam, entraineur-joueur d’Atlanta, qui a su imposer à son équipe un style de jeu tout en mouvement, où le ballon vit et vibre devant la multiplication des passes. Un style de jeu révolutionnaire aux USA, un style de jeu qui fait réfléchir les entraineurs adverses et qui fait le plaisir et l’admiration de bon nombre d’observateurs. Un style de jeu qui fait définitivement avancer notre sport. Alors certes, il faut avoir les moyens de jouer comme ca, et les joueurs d’Atlanta répondent parfaitement aux besoins et aux attentes du coach. Ils forment dont un collectif impressionnant, certainement l’un des tous meilleurs du monde. Après leur finale, les champions, heureux et modestes, avouèrent n’avoir jamais joué aussi bien. Toujours battus par leur victime du jour, les Circle City Rollers du soliste Michael Archer, qui s’est rendu compte de l’importance d’avoir des coéquipiers de talent à ses cotés, cette fois Atlanta n’a pas fait de détail et vengé une défaite cruelle en finale du dernier championnat national perdu aux pénaltys. Rien à redire sinon qu’à s’incliner devant cette performance de choix.
Une performance qui soulève des certitudes d’un autre type. Le Foot-Fauteuil US se porte à merveille, et sera bien compliqué à jouer lors du prochain Mondial. Les individualités font légion, toutes d’un niveau individuel très élevé, et le coach Chris Finn est promis à de gros maux de tête pour composer son huit majeur. Comment ne pas imaginer les Taiwan Britton (Atlanta), impérial dans les cages et en dehors, Katie Dickey (Sudden Impact), MVP du tournoi, Michael Archer, meilleur buteur qu’on ne présente plus, la fratrie Russo de Ball State, une valeur sûre à ne pas sousestimer, hors du Team USA en 2011 ? Comment ne pas penser que si elle existait, une sélection mexicaine, avec la qualité de ses représentants d’Atlanta, serait extrêmement dangereuse ?
Et au Canada dans tout ca ? Les esprits grincheux diront qu’il y a encore beaucoup de travail pour arriver à lutter, le classement final étant à ce titre implacable avec les quatre canadiens aux quatre dernières places et une équipe, Team Québec, aussi sympathique soit elle, qui joue encore avec du matériel d’un autre temps. Mais qu’importe ! Les équipes canadiennes, absentes de toutes compétitions depuis 2007, sont enfin là, prêtes à tout pour apprendre. Et preuve en est que certains apprennent déjà très vite. Vancouver et sa valeureuse Ana Lu, déjà très en vue en 2006 et qui sera à n’en pas douter un pilier de l’équipe à la feuille d’érable à la prochaine Coupe du Monde, a obtenu un nul mérité en match de poule face à Atlanta et Sudden Impact, et se place en leader naturel et locomotive du développement des clubs au Canada.
Le Powerchair Football vient de vivre à Atlanta une nouvelle étape décisive dans son développement international, renforçant encore sa crédibilité. Les rumeurs persistantes dans les hauts plateaux font état d’autres bonnes nouvelles en prévision pour sa progression. De nouveaux pays frappent à la porte et des compétitions telles que l’Americas Champions Cup et son beau champion Atlanta ne peuvent que les encourager à s’engager. Le ciel est définitivement bleu au-dessus de nos têtes. Avec des médias de plus en plus présents, le grand CNN ayant fait le déplacement à Suwanee pour un reportage majeur, et des partenaires qui semblent enfin porter un regard attentif aux actions de la FIPFA, tous les rêves sont permis. Ceux d’une compétition de clubs au sein de la zone Amériques et en Europe sont d’ores et déjà exaucés. C’est un bon début !
Nicolas DUBES